UNE VOIE SUR MESURE ? Découvrez les clés pour construire la vôtre (Interview)

Découvrez les clés pour

CONSTRUIRE VOTRE VOIE SUR MESURE

au travers du témoignage de Sylvie

Qu’est-ce qu’une voie professionnelle idéale ? Pour moi c’est celle où l’on peut être soi-même et s’épanouir tout au long du chemin. En gros, si tout s’arrêtait demain, être serein, pas de regrets.

Souvent on ne prend pas le temps de se poser et d’apprécier ce que l’on a. On focalise notre attention sur ce qui ne va pas, en se comparant aux autres, aux codes, au système en place, à la société.

A mon sens, le parcours de Sylvie illustre totalement le fait d’oser sa voie : multiple, vivante, vibrante !

Tu as quitté un job dans la com, cheffe de projet pour de grandes entreprises, bien payée, pour te lancer en tant que formatrice indépendante, et par la suite dans l’entrepreneuriat solo. Puis tu t’es aperçue qu’il te manquait quelque chose et tu as revu ta copie, sans pour autant renoncer à ce que tu avais fait jusque là, donc tu as vraiment ajusté tes voiles…

En 2018 je me suis lancée dans le coaching de transition professionnelle, donc un développement d’activité qui demande beaucoup d’énergie, des hauts et des bas, et que j’ai adoré faire pendant 2 ans.

Si tout s’arrêtait demain…

Et puis… le confinement…je ne suis pas allée au bout du bout de mes envies .

Je sais pas ce qui s’est passé, mais à la fin du confinement je n’avais pas envie de continuer, je le sentais physiquement, et ma tête n’a pas réussi à me raisonner. Le confinement, cette idée de « et si tout s’arrêtait demain, et si on était tous enfermés pour toujours, m’a fait me poser la question « est-ce que t’es allée au bout de ce que tu voulais faire ? »…je crois que la réponse était non. Avec le recul, ce métier que je faisais _ et que je fais toujours _ d’accompagner les gens à trouver leur voie, à aller vraiment dans ce qu’ils aiment, m’a aussi fait me poser la question.

J’avais depuis un moment envie de choses beaucoup plus créatives, plus artistiques, et concrètes, surtout. Je n’en pouvais plus du « à distance ». Tu rajoutes là-dessus les trucs des enfants à distance, les apéros à distance… Je ne pouvais plus, je voulais du concret.

La seule chose dont j’avais envie à ce moment-là, pendant cette semaine de fin de confinement où j’étais complètement KO, c’était d’écrire (j’avais commencé à écrire un livre). Je me suis dit j’ai envie d’écrire, pour l’instant ça ne va rien me rapporter, donc je ne vais pas me mettre la pression là-dessus, il faut quand même que j’ai un job à côté. Je n’ai plus envie de coacher pour le moment, et mentalement, j’ai besoin d’espace libre pour créer.

J’ai dit à ma coach (en tant que coach, je me fais moi-même régulièrement coacher) « j’ai envie de rien sauf d’écrire, pourquoi pas écrire ce livre et avoir un petit job pour ma sécurité financière à côté ? ». Elle m’a dit «  Ta tête lâche enfin ! Enfin tes tripes s’expriment ! ». En sortant du rendez-vous je me suis autorisée à faire ce que j’avais envie de faire.

Signes et coïncidences

2 jours après, je suis passée devant une petite librairie dans une rue où je ne passe jamais, et j’ai vu une annonce « recherchons vendeuse ». J’ai trouvé ça assez incroyable. J’ai postulé et eu le poste.

Ça reste en lien avec mon envie d’écrire donc c’est plutôt chouette. C’est mentalement très reposant pour moi qui suis très dans le cérébral, ça me permet de couper. De faire des rayons, il y a des trucs très physiques dans une librairie, on ne se rend pas forcément compte, ça me fait du bien. J’ai une responsable qui est très dans l’esthétique, donc tout ce que je dois faire doit être beau.

Moi ça me parle, ça me plaît. Je suis beaucoup plus dans le concréto-concret et ça, ça me fait du bien aussi. Et surtout ça me laisse du temps pour écrire.

Gérer ses peurs

Quel genre de peurs tu as eu avant chaque changement ?

Peur de pas être à la hauteur ou de pas y arriver.

Après le tout nouveau tout beau, la peur arrive un petit peu « là faut écrire maintenant Sylvie ». Est-ce que j’ai fait le bon choix ? Mais je ne sais pas si je serai un jour au bout, je ne sais pas s’il y a un bout.

Après peut-être que je vais passer à autre chose, mais je suis convaincue _ comme je disais à mes coachés _ que c’est un chemin.

C’est mon objectif du moment, et rien que d’écrire, d’être dans ce milieu, ça m’a donné une idée par rapport à mon coaching et de faire un nouveau programme*, donc ça vient nourrir mon autre activité, que je ne laisse pas complètement tomber. Je suis encore certains clients.

Je vais aller de plus en plus vers de la multi activités. C’est évident et ça me correspond. Plutôt que de me dire « allez Sylvie, il faut que tu sois experte dans un truc ! ». Je lâche, je sais que je vais me former, apprendre beaucoup et avoir d’autres idées et je pense aller vers une combinaison d’activités.

Tu as des peurs, mais tu te sens plus sereine sur le chemin actuel ?

Oui. Je me sens plus solide, je sais que je peux rebondir, je sais qu’il y a toujours des solutions. Et puis je n’ai rien à perdre. La peur c’est celle de me saboter parce qu’au fond de moi l’écriture c’est pas le truc prévu. Et pour éviter ça, je me suis inscrite à une formation qui va m’obliger à écrire de manière régulière, ça va me donner un cadre, des connaissances, un groupe. Donc c’est un garde fou, et c’est ce que j’ai envie de faire. La peur serait plutôt là, de ne pas aller au bout du projet. Après je me dis j’ai quitté un job, j’ai su retrouver des jobs salariés quand j’en avais besoin, à un moment quand j’étais coach j’avais un job à mi-temps pour une association ; on peut toujours rebondir. Et puis j’ai un mari qui travaille, je ne suis pas toute seule, donc la peur financière quand tu es en couple est moins un frein, même si je veux mon indépendance financière.

La peur que j’ai c’est de pas aller au bout de mon projet et de revenir en arrière pour le regretter évidemment plus tard.

Est-ce que tu t’es sentie anormale à certains moments ?

Bien sûr, au moment d’annoncer « j’arrête le coaching pour travailler dans une librairie et écrire un livre», j’ai cru qu’on allait me dire que j’étais cinglée. Mais pas une seule fois je n’ai eu de retour négatif. On m’a dit c’est super. Parce que je me donne les moyens de faire ce que j’ai envie de faire, sans me mettre en danger.

Si tu avais été seule avec des enfants, est-ce que tu aurais fait la même chose ?

Pour Ressours, si j’étais seule et si j’avais eu cette pression financière, je l’aurais fait petit à petit, plus doucement ou différemment, peut-être de manière salariée, mais j’aurais cherché à faire ce que j’aime sans me mettre en danger : par exemple, commencer à faire mon site web le soir, commencer à accompagner des gens en dehors de mon travail ou alors je l’aurais fait dans un cabinet peut-être. C’est-à-dire que j’aurais quitté un job salarié pour un autre job salarié, jusqu’à ce que je me sente compétente pour lâcher.

Être à l’écoute de sa boussole interne

Finalement, ce qui t’a guidée, c’est faire ce que tu aimais, tout le temps.

Oui, tout le temps, ce qui me faisait vibrer.

Et quand tu sentais que ça ne te faisait plus vibrer, tu te sentais pas bien et tu réfléchissais à partir sur autre chose.

Exactement. Ou quand le contexte ne me plaisait pas. Quand j’étais formatrice en entreprise : j’aimais bien former les gens, mais arriver en entreprise, ne pas connaître le groupe etc, c’était difficile pour moi. Je me suis dit comment je peux faire ? Prendre juste ce que j’aime, c’est-à-dire former les gens, les accompagner, et pas ce que je n’aime pas, donc pourquoi pas le faire à mon compte, vraiment pour moi.

Est-ce que tu as l’impression de nourrir tes besoins ?

Complètement ! Mais encore fallait-il connaître mes besoins. C’est là où j’ai pêché au début : j’ai besoin d’être en confiance avec les gens pour les accompagner. Et donc arriver comme ça dans un groupe où je connais personne, ça me met en insécurité donc c’est pas pour moi. Je suis une introvertie, ça veut dire que le groupe est très fatigant pour moi, puisque pour me ressourcer j’ai besoin d’être seule. J’ai compris ça à la dure.

Mais c’est très difficile pour moi d’écouter mes besoins, de m’écouter. Et là c’est ce que j’ai fait, j’avais besoin d’écrire. Et la formulation « ta tête a lâché » est bonne, ça fait 44 ans que j’écoute ma tête, maintenant je vais écouter aussi mes tripes : j’ai envie d’être dans les livres, de faire des jolies choses, de faire des trucs concrets, avec mes mains. C’est des petites choses, que porté par la société qui te pousse à faire des études etc, peut-être que si je m’étais écoutée depuis le début, je ferais un métier beaucoup plus en lien avec le beau, l’artistique.

C’est pour ça que je te dis « je suis pas au bout du truc », parce que je vois émerger des nouvelles choses, à la fois des nouveaux besoins ou des nouvelles compétences. Par exemple, ma responsable m’a dit quand j’aménageais un rayon « on voit que tu as un œil esthétique, et ça n’est pas donné à tout le monde » et je ne m’en rendais pas spécialement compte. Du coup, je me dis « mais oui, j’ai besoin de ça, j’ai besoin du beau et je peux le faire, donc je vais pousser ça par la suite ». C’est vraiment en faisant que m’apparaissent mes besoins et c’est pour ça que pour moi c’est une sorte de tâtonnement, d’ajustement perpétuel.

Tu ne fermes aucune porte…

Complètement, je laisse grand ouvert et je vais ajuster petit à petit. Peut-être que le coaching va reprendre de la place et que je vais diminuer mes heures à la librairie, je ne sais pas. Mais je m’écoute maintenant, je suis beaucoup plus attentive aux signes, à mes besoins _ donc je me respecte plus _ et à mes envies, qui n’apparaissent qu’en étant dans l’expérimentation.

Si j’ai bien compris, tu as une façon de fonctionner qui est d’abord « j’écoute mes tripes » et après « j’affine en faisant » ?

Grosso modo, j’écoute la grande direction qu’elles me donnent et après je me lance, je teste plein de trucs et j’affine.

S’accepter comme quelqu’un de « multiple » et entreprendre sa vie

Tu te reconnais comme quelqu’un de multiple et dans cet équilibre que tu vas trouver dans le côté multiple ?

Complètement. Et ça j’ai mis du temps et puis on n’en parlait pas avant. Je travaillais avec des experts et moi je m’en voulais « comment ça se fait que que suis experte de rien et comment ça se fait que j’ai pas vraiment envie de l’être, est-ce que c’est bizarre ou quoi ? ». Non, c’est juste un comportement différent, mais maintenant je l’ai accepté, intégré. Au bout d’un moment j’ai envie d’aller voir ailleurs. Quelqu’un m’a dit récemment « ton problème Sylvie, c’est qu’il y a trop de trucs qui te passionnent ! ». En fait j’ai dit « oui, mais est-ce que c’est un problème ? ».

Là, si je m’écoutais j’écris, je vais à la librairie, je fais du coaching, mais je vais aussi apprendre l’aquarelle, continuer mes cours de batterie, je voudrais faire 12 000 trucs …mais c’est pas possible, à un moment il y a aussi le risque d’éparpillement et de fatigue.

Donc pour toi ce côté multiple c’est vraiment une force, et quels sont les défis que cela engendre (en référence aux accompagnements Clarté / Impulsion / Déploiement d’Ose ta voie !) ?

Finalement c’est la première fois que je suis vraiment slasheuse. J’apprends à poser des limites, à m’organiser, à gérer là où je mets le focus, ne pas trop m’éparpiller et bien mettre mon énergie là où elle doit être.

J’ai mis du temps à comprendre que j’étais multiple et que j’avais besoin de faire plusieurs choses en même temps et que c’était OK de le faire. C’est venu très récemment. Ça s’est fait petit, mais je pense que ça m’aurait fait gagner un peu de temps de me dire « oui en fait, c’est complètement normal, tu peux faire plusieurs choses et c’est ça qui va t’énergiser et faire que tu es bien ».

Je pense être maintenant dans la 2ème étape (ndlr : « Impulsion »), en train de mettre en place les choses.

Comme tu l’as fait pour Ressources, ton activité de coaching ?

Mon activité d’entrepreneure est un peu mise entre parenthèses. Il y a cette voie entrepreneuriale que j’ai envie de continuer d’une façon probablement différente, la voie salariée qui est en ce moment celle qui me rassure, ma sécurité , et la carte artistique, un épanouissement, une réalisation personnelle. Je slashe entre 3 trucs très différents qui font que je suis plus entrepreneure de ma vie, avec une partie entrepreneure professionnelle.

Dans mon activité indépendante de coaching, je me sens plus en « Déploiement », même si je suis en train de revoir les bases pour qu’elles soient plus à mon image.

Finalement, tu te sens plus entrepreneure de ta vie qu’entrepreneure tout court ?

Oui, parce que mon équilibre aujourd’hui ne passe pas que par l’entrepreneuriat tel qu’on l’entend, je suis salariée aussi, pour ne plus avoir l’espace mental occupé par le développement d’activité, tout en ayant un job qui me plaît.

Donc tu choisis des activités qui regroupent le maximum de critères qui te conviennent et dans chacune de ces activités il y a quelque chose qui nourrit un ou plusieurs de tes besoins

Exactement. J’avais un besoin de tranquillité d’esprit et d’indépendance financière qui sont nourris par mon job à la librairie. Ça me donne une structure de mon temps aussi, dont j’ai besoin mine de rien, ce qui fait que je suis moins angoissée, moins dans le cérébral.

Ça me laisse de l’espace pour un autre besoin : écrire, créer des histoires, transmettre des choses…un besoin beaucoup plus créatif qui là peut s’épanouir tranquillement parce qu’une partie de moi est rassurée « quoiqu’il arrive c’est pas à toi partie créative, de régler les factures, ça c’est à l’autre partie, donc tu peux y aller, tu peux t’éclater ». Et y a une autre petite voix qui dit « oh mais j’aime bien faire des trucs indépendants, qui me permettent de gagner un peu d’argent et d’inventer ce que j’ai envie d’inventer, et si ça marche tant mieux, si ça marche pas tant pis ». Et puis une autre partie créative liée à l’accompagnement, le coaching et tout ça. Je réalise que c’est assez cool.

Si tu devais sonner 3 conseils à celles et ceux qui veulent oser la voie qui leur ressemble ?

  1. Expérimenter : même si tu as les grandes lignes de ce que tu as envie de faire, tant que tu ne le fais pas concrètement, tu es un peu bloqué, tu sais pas. Tu vas peut-être découvrir des choses.
  2. Ne pas se mettre inutilement en danger. C’est pas forcément cool et obligé de tout plaquer comme on peut le lire parfois sur des reconversions. Se mettre en danger ou en insécurité financière ou autre, peut avoir des répercussions sur le projet. On a aussi besoin de sécurité quelle qu’elle soit : elle peut être financière, affective, sociale…
  3. Apprendre à s’écouter, à écouter vraiment ce qu’on a au fond, lâcher la tête. Apprendre à écouter ses tripes, réussir à faire taire la tête un peu. Moi c’est comme ça que ça s’est fait et je pense que le confinement a aidé à me faire tout lâcher parce que c’était un contexte particulier, sinon j’en serais pas forcément là.

Est-ce que tu as l’impression d’être accomplie ?

Oui j’ai l’impression d’être accomplie mais que ce n’est pas fini ; pour l’instant je suis accomplie par ces choses-là mais je pense que ça va évoluer. On n ‘est jamais au bout. Peut-être que demain je vais me dire finalement que l’écriture c’est vraiment mon truc, que je ferai que ça tout le reste de ma vie, mais peut-être pas. Peut-être que je vais encore découvrir des trucs en marchant et encore bifurquer et c’est pour ça : y a pas une voie, y a pas à se tromper ou pas. Y a 1000 autres trucs qui m’intéressent, sans parler de passion. J’aurai même pas assez d’une vie.

Je me sens accomplie, et je sais comment faire pour le rester maintenant !

* Sylvie continue à accompagner quelques clients avec cependant peu de places disponibles en individuel. Bonne nouvelle, elle va bientôt mettre son programme phare à disposition, d’une manière différente de ce qui est proposé habituellement et qui lui correspond vraiment.

Connaissant Sylvie, nul doute que ça sera créatif, peps et passionnant !

A RETENIR :

  • se connaître
  •  s’accepter
  • s’écouter : besoins, envies
  • apprendre à gérer ses peurs
  • la solution quand on est multiple : entreprendre sa vie
  • ne pas se mettre en insécurité
  • prendre des décisions
  • être à l’écoute des signes et opportunités
  • tester, expérimenter
  • ajuster
  • profiter du chemin

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